Est-ce
que selon vous le langage est une émanation de la pensée ou, à
l’inverse, la pensée est une émanation du langage ?
Cette question est presque aussi proverbiale pour la philosophie
en communication que le dicton « Qu'est-ce qui est apparu
en premier : l'œuf ou la poule ? » pour les
biologistes, je suppose. Par
cette question, on présume également qu'on parle de langage et
pensée humaine, ayant la forme la plus reconnaissable de celle de
nos jours. Pour ma part, je
vais prétendre croire que la poule, créatrice de l'oeuf de poule,
est venue avant. De manière plus direct, je vais prétendre que le
langage est une émanation de la pensée, en d'autres mots, que la
pensée précède le langage sans pour autant nier que le langage
alimente la pensée, ou lui donne des nouvelles possibilités. Je
constate qu'il y a deux manières
intelligentes, dans le sens que ça permettrait de relever ce qui est
important, de répondre à cette question, même si ce n'est pas
vrai; la première est du facteur temporel comme l'axe déterminant
de cette conversation, historique de manière très élémentaire, et
l'autre par la définition et la conscientisation des fonctionnalités
intrinsèques, caractéristiques dominantes, de la langue
et de la pensée pour en sortir leur spectre de possibilité
utilitaire pour en comprendre leurs interdépendances.
La
poule avant l'oeuf
Commençons
par le début. Les premières traces d'écriture sont d'il y a 7000
ans, tandis que l'évolution de notre espèce à l'homo sapiens
moderne est d'il y a 100 000 à 50 000 ans. Alors, nous pouvons
constater que l'homme avec sa pensée et venu avant l'écriture (le
langage). Effectivement, l'écriture ne représente pas le langage.
Tout de même, je trouve que ça exprime un concept fondamental qui
démontre la « précédentarité/précédence » de la pensée. La
règle vient du fait que le langage doit avoir été créer, comme
l'écriture, comme les mots. Le langage gestuel, la communication
orale, etc. ne sont que la concrétisation d'une pensée «
gestaltique » (pensée reconnu comme étant conforme au principe de
la Gestalt). S'il n'y avait pas cette manifestation humaine, il n'y a
pas de langage humain. Un exemple approprié est celui de l'homme
devant survivre du danger, dans ce cas un lion. Pour lui ce qui est
indicatif de ce danger est l'expression, la posture, la forme, le
mouvement et les bruits du lion. On simplifie dans cet exemple, alors
nous ne prenons effectivement pas en compte tous les autres facteurs
indicatifs de cette situation, climat, lumière, etc. Alors ce
qui est important pour nous c'est ce qui est indicatif d'une
situation. Alors, soudainement nous sommes capables de conceptualiser
une situation/un concept à l'identification d'une expression,
d'une posture, d'une forme, d'un mouvement ou d'un bruit. Nous ne
sommes pas encore dans le langage. Cette conceptualisation reste dans
notre pensée. Je trouve que le processus de création nous
confronte à des facteurs et des conditions de la réalité non
évidents. C'est le temps et les conditions nécessaires à exprimer
un « Grrraor! », ayant comme but de représenter la
situation du lion ou quelconque manière de représenter ce
geste indicatif du lion, qui expliquent une latence. Donc même si le
langage est apparu des instants après la pensée, il reste que c'est
venu après.
Les
dépendances du langage
Pour
moi, il y a une insatisfaction dans la définition du langage, car il
est la symbolisation d'un usage et non de quelque chose, qui devrait
être plutôt symbolisé par l'intention créatrice de ce système
pour ne pas échapper de voir les caractéristiques dominantes de ce
qu'on appelle le langage, et ainsi de mieux l'analyser. Avant
tout, le langage est une chose qui est très humaine. Elle offre deux
qualités importantes, la symbolisation des idées. Ce processus /
techné est ensuite utilisé pour enrichir le comportement social de
l'humain, la communication. La grammaire et la syntaxe
(différent, tel que les symboles, parmi les ethnies) sont les
règles, protocole d'agencement, règle universelle pour la
transmission cohérente de symbole, qui permet la communication, ou
transmission d'idées. Il peut y avoir symbolisation sans
langage, il peut y avoir communication sans langage, mais il n'est
pas possible d'avoir langage sans symbolisation et sans
communication. Ce sont « des conditions de la réalité »
permettant le langage. Cela éloigne le langage davantage de la
pensée sans pour autant parler d'origine.
Effectivement,
le langage nous permet un plus grand « pouvoir expressif » et
agrandi également la gamme de situations pouvant être identifiées,
mais la pensée est loin d'être émanation
du langage.
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