Sunday, October 23, 2011

Question Réponse


Est-ce que selon vous le langage est une émanation de la pensée ou, à l’inverse, la pensée est une émanation du langage ? Cette question est presque aussi proverbiale pour la philosophie en communication que le dicton « Qu'est-ce qui est apparu en premier : l'œuf ou la poule ? » pour les biologistes, je suppose. Par cette question, on présume également qu'on parle de langage et pensée humaine, ayant la forme la plus reconnaissable de celle de nos jours. Pour ma part, je vais prétendre croire que la poule, créatrice de l'oeuf de poule, est venue avant. De manière plus direct, je vais prétendre que le langage est une émanation de la pensée, en d'autres mots, que la pensée précède le langage sans pour autant nier que le langage alimente la pensée, ou lui donne des nouvelles possibilités. Je constate qu'il y a deux manières intelligentes, dans le sens que ça permettrait de relever ce qui est important, de répondre à cette question, même si ce n'est pas vrai; la première est du facteur temporel comme l'axe déterminant de cette conversation, historique de manière très élémentaire, et l'autre par la définition et la conscientisation des fonctionnalités intrinsèques, caractéristiques dominantes, de la langue et de la pensée pour en sortir leur spectre de possibilité utilitaire pour en comprendre leurs interdépendances. 

La poule avant l'oeuf
Commençons par le début. Les premières traces d'écriture sont d'il y a 7000 ans, tandis que l'évolution de notre espèce à l'homo sapiens moderne est d'il y a 100 000 à 50 000 ans. Alors, nous pouvons constater que l'homme avec sa pensée et venu avant l'écriture (le langage). Effectivement, l'écriture ne représente pas le langage. Tout de même, je trouve que ça exprime un concept fondamental qui démontre la « précédentarité/précédence » de la pensée. La règle vient du fait que le langage doit avoir été créer, comme l'écriture, comme les mots. Le langage gestuel, la communication orale, etc. ne sont que la concrétisation d'une pensée « gestaltique » (pensée reconnu comme étant conforme au principe de la Gestalt). S'il n'y avait pas cette manifestation humaine, il n'y a pas de langage humain. Un exemple approprié est celui de l'homme devant survivre du danger, dans ce cas un lion. Pour lui ce qui est indicatif de ce danger est l'expression, la posture, la forme, le mouvement et les bruits du lion. On simplifie dans cet exemple, alors nous ne prenons effectivement pas en compte tous les autres facteurs indicatifs de cette situation, climat, lumière, etc. Alors ce qui est important pour nous c'est ce qui est indicatif d'une situation. Alors, soudainement nous sommes capables de conceptualiser une situation/un concept à l'identification d'une expression, d'une posture, d'une forme, d'un mouvement ou d'un bruit. Nous ne sommes pas encore dans le langage. Cette conceptualisation reste dans notre pensée. Je trouve que le processus de création nous confronte à des facteurs et des conditions de la réalité non évidents. C'est le temps et les conditions nécessaires à exprimer un « Grrraor! », ayant comme but de représenter la situation du lion ou quelconque manière de représenter ce geste indicatif du lion, qui expliquent une latence. Donc même si le langage est apparu des instants après la pensée, il reste que c'est venu après.

Les dépendances du langage
Pour moi, il y a une insatisfaction dans la définition du langage, car il est la symbolisation d'un usage et non de quelque chose, qui devrait être plutôt symbolisé par l'intention créatrice de ce système pour ne pas échapper de voir les caractéristiques dominantes de ce qu'on appelle le langage, et ainsi de mieux l'analyser. Avant tout, le langage est une chose qui est très humaine. Elle offre deux qualités importantes, la symbolisation des idées. Ce processus / techné est ensuite utilisé pour enrichir le comportement social de l'humain, la communication. La grammaire et la syntaxe (différent, tel que les symboles, parmi les ethnies) sont les règles, protocole d'agencement, règle universelle pour la transmission cohérente de symbole, qui permet la communication, ou transmission d'idées. Il peut y avoir symbolisation sans langage, il peut y avoir communication sans langage, mais il n'est pas possible d'avoir langage sans symbolisation et sans communication. Ce sont « des conditions de la réalité » permettant le langage. Cela éloigne le langage davantage de la pensée sans pour autant parler d'origine.

Effectivement, le langage nous permet un plus grand « pouvoir expressif » et agrandi également la gamme de situations pouvant être identifiées, mais la pensée est loin d'être émanation du langage.



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